Originaire de Belouizdad à Alger, Samy Lamouti est aujourd’hui installé à Montréal, où il termine une maîtrise à l’École des arts numériques, de l’animation et du design (UQAD NAD). Il a travaillé sur les effets spéciaux de nombreux films hollywoodiens, dont Doctor Strange, Les animaux fantastiques, Tarzan, ou encore Blade Runner 2049. Il a participé en tant que conférencier à la première Comic Convention d’Algérie et revient, dans cet entretien, sur son parcours.

Photo : Samy Lamouti, Dzpixel_

The Casbah Post : Merci d’être parmi nous aujourd’hui. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je m’appelle Samy Lamouti et je suis artiste visuel passionné d’animation, spécialisé en effets spéciaux 3D pour le cinéma et les jeux vidéos. Je viens de Belouizdad à Alger et je suis basé aujourd’hui à Montréal, au Canada.

The Casbah Post : Votre travail au sein de l’industrie visuelle n’est pas le fruit du hasard. Pouvez-vous nous partager votre parcours ? 

Je suis issu de la génération Nintendo. Plus jeune, entre deux parties de foot à Belouizdad, j’étais aussi passionné de jeux videos, de manga et de cinéma. J’ai choisi de faire mes études à l’Institut national des arts et industries graphiques (INSIAG) à Alger pour étudier le design. J’ai ensuite travaillé dans le domaine du graphisme et de l’événementiel, avec notamment des vidéos-projecteurs. J’ai lancé mon entreprise, et pour continuer d’apprendre dans mon domaine, j’ai voyagé au Japon puis je me suis installé à Montréal, une référence en matière d’animation 3D et de conception de logiciels.

Photo : Samy Lamouti, Dzpixel_

The Casbah Post : Votre compte Dzpixel_ est dédié à l’architecture et présente des photos qui jouent avec la perspective et la symétrie. Quelles ont été vos influences ?

Je suis passionné d’architecture. Mon compte Dzpixel_, d’abord sur Flickr et maintenant sur Instagram, contient beaucoup de photos avec une structure générale très ordonnée et minimaliste. L’Algérie de mon enfance a joué un rôle important, à travers des endroits comme le jardin d’essai et les palais de la capitale. Je suis très inspiré par le design symétrique, l’architecture polygonale et compte, parmi mes influences, Wes Anderson et Stanley Kubrick. La science fiction fait d’ailleurs partie de mes inspirations.

The Casbah Post : Vous avez récemment figuré parmi les conférenciers de la première Comic Con d’Algérie. L’édition a été un véritable succès et a rassemblé  des invités issus de l’art visuel, des jeux vidéos, de la musique, etc. Est-ce qu’on assiste à un moment charnière au sein de la sphère culturelle algérienne?

C’est un moment important, la Comic Con rassemblait, pendant son déroulement, des conférences, un concert de metal, du street art, des jeux vidéos. L’intérêt du public algérien était bien là et l’évènement comptait en majorité des artistes algériens, donc il s’agit surtout d’organisation et de saisir les opportunités qui sont offertes, car, au delà même de la sphère culturelle, il s’agit d’une industrie qui peut apporter beaucoup au pays, aussi bien sur le plan économique que sur l’image. Nous avons beaucoup de créateurs qui produisent des oeuvres de qualité, il faut continuer.

The Casbah Post : Quels artistes algériens suivez-vous de près ?

Parmi les artistes que je suis de près, il y a le collectif d’Ink Industriz, qui mêle la calligraphie au street art. Il y a aussi Farouk Habchi, Ramzy Bensaadi, Lyes Karbouai, Brokkart, Dassine Damache et Togui.

Photo : Ramzy Bensaadi

The Casbah Post : Avez-vous des conseils pour la jeunesse algérienne qui aimerait se lancer dans l’aventure de l’art visuel ?

Mon conseil serait de foncer s’ils sont passionnés. Il ne faut pas compter seulement sur le talent, mais aussi et surtout sur de longues heures de travail. Il faut garder en tête des objectifs clairs et une bonne organisation pour atteindre le but souhaité, à l’instar de créateurs comme Shigeru Miyamoto et Hideo Kojima. Mon conseil est aussi de partager les oeuvres, tout en acceptant la critique constructive et l’idée que l’oeuvre ne nous appartient plus vraiment une fois que le public s’en saisit. Cette voie n’est donc pas la plus facile, mais le jeu en vaut la chandelle, puisque la passion rejoint le métier.

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