Le «Jeu de la poudre» (Laâb al Baroud) ou Fantasia désigne un ensemble de spectacles équestres traditionnels pratiqués au Maghreb.

S’inspirant de techniques d’assauts militaires anciennes, l’exercice de la Fantasia voit la course de rangs de cavaliers aux montures richement ornées, munis de fusils à poudre noire et suivie d’un coup de feu synchronisé.

Il s’agit de la répétition de deux mouvements de cavalerie de guerre : la charge foudroyante (el Kerr) ainsi que la retraite instantanée (el Ferr).

Elle est un élément fondamental de chaque fête ou rites importants dans la région et l’objet d’un intérêt artistique tout particulier dès le XIXème siècle, comme l’illustrent les peintures orientalistes d’Eugène Delacroix, Eugène Fromentin ou encore Maria Fortuny.

Monture

Photo: Nadjib Rahmani

Le jeu de la poudre célèbre la relation entre l’Homme et le cheval dans un territoire où la présence de l’ancêtre de la race chevaline indigène barbe remonte à 40 000 ans : l’Equus Caballus Algericus.

Cheval endurant et rapide, le Barbe est intégré au sein des armées numides, figurant parmi les meilleures cavaleries lors des guerres puniques et célèbres de par l’efficacité de leur charge.

La Fantasia est alors une démonstration de force et provient de l’héritage de l’art militaire équestre arabo-turco-amazigh du Maghreb.

Sa pratique est toutefois hétérogène. Ainsi, on note la Fantasia à pieds de la région du Mzab, où la cavalerie se voit remplacée par des rangs de danses au rythme de la musique. On dénombre également des Fantasias s’effectuant à dos de dromadaire, ou encore des fantasias féminines, notamment au XIXème siècle à Constantine.

Les frontières de cet exercice périlleux sont d’ailleurs difficiles à établir au vu d’une forme de pratique de la Fantasia dans les pays limitrophes tels le Tchad et l’Égypte, mais aussi du fait de son exportation dans des régions telles la Nouvelle-Calédonie suite à l’arrivée de déportés algériens.

Le jeu de poudre est actuellement sous l’égide de la Fédération équestre algérienne se chargeant de l’organisation et du développement de la pratique équestre moderne et traditionnelle en Algérie. Elle compte neuf ligues régionales.

Photo: Yann Arthus Bertrand – L’Algérie vue du ciel

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