Le contenu de cet entretient a été traduit de l’anglais.

L’art numérique (digital art en anglais) désigne tout art réalisé avec des dispositifs numériques, ordinateur, interface ou réseau. Bien qu’il soit encore peu connu en Algérie, le pays regorge de nombreux artistes numériques de talent.

Parmi eux, on compte Mohamed Daoui, un jeune artiste autodidacte de Ouargla avec une passion pour le dessin, le concept art, la modélisation 3D et le motion design. Il revient dans cet entretien avec The Casbah Post sur son parcours atypique.

The Casbah Post : Merci d’être parmi nous aujourd’hui. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et lectrices ?

Mohamed Daoui : Je m’appelle Mohamed Daoui et je suis de Ouargla. J’ai 28 ans et j’ai toujours eu un intérêt pour l’art. J’ai commencé le dessin à 8 ans et c’est quelque chose que je n’ai jamais arrêté. À l’école, j’étais cet enfant qui dessine et griffonne au fond de la classe.

J’ai découvert Photoshop à l’âge de 12 ans et je suis depuis tombé amoureux de l’art numérique. J’ai dès lors commencé à apprendre tous les outils nécessaires pour créer de belles œuvres et après le lycée, j’ai décidé de faire de ma passion une carrière. J’ai alors quitté l’université pour accomplir mon rêve. J’ai rencontré certaines difficultés, comme le fait que mes parents ne voulaient pas que je m’y consacre et l’absence de ressources éducatives dans le domaine, donc j’ai dû me renseigner seul, sur le tas. C’était un parcours difficile pour pouvoir faire fonctionner cela avec ma passion.

The Casbah Post : En Algérie, comme dans de nombreux pays, l’art digital n’est pas encore bien compris et est trop souvent réduit à de la programmation. Votre travail montre cependant que les frontières de l’art traditionnel bougent avec les bouleversements technologiques. Est-ce que ces changements offrent de nouvelles opportunités pour les artistes qui n’ont pas accès aux cercles culturels habituels ? Et est-ce que votre audience s’est élargie par conséquent pour inclure un public international ?

Mohamed Daoui : Oui, complètement. Les frontières de l’art traditionnel ont changé en raison des avancées technologiques et j’ai été chanceux d’en tirer profit. C’est aussi vrai qu’en Algérie, mon type d’art n’est pas encore compris. J’ai travaillé dans le pays avec de nombreuses agences et des clients, certains comprennent mais d’autres sont encore focalisés sur la période artistique plus ancienne.

Dans ce domaine, il faut toujours être au courant des dernières donnes technologiques au risque d’être à la traine. Je dirai qu’apprendre les outils modernes m’ont beaucoup aidé à améliorer ma capacité à exprimer visuellement exactement ce que j’ai en tête et aidé à élargir mon audience. J’ai pu attirer des clients de différentes régions et pays du monde comme le Moyen-Orient, la Chine ou encore les États-Unis.

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The Casbah Post : Vos inspirations semblent très éclectiques. Qu’est-ce qui motive habituellement votre processus créatif ?

Mohamed Daoui : Mon processus créatif commence généralement avec un simple sketch ou une idée, un accident heureux et parfois une simple image. Ces choses peuvent faire jaillir de nombreuses autres idées dans ma tête et j’essaie d’explorer différentes approches et manières de créer une oeuvre. Cela mène à des résultats différents à chaque fois. Je regarde parfois des images et j’essaie de les connecter de manière intéressante. Parmi les éléments qui me fascinent et capturent mon intérêt, il y a notamment l’architecture et l’art minimal.

The Casbah Post : En parlant d’architecture et d’art minimal, est-ce qu’il y a un message, un sentiment ou style particulier qui alimente votre art ? Qu’est-ce que vous aimeriez explorer dans le futur ?

Mohamed Daoui : Je ne peux pas dire que j’ai un sentiment ou style particulier qui alimente mon art, car j’aime beaucoup de styles différents et j’aime combiner différents sentiments ou éléments de chaque style. C’est d’ailleurs ce qui donne à mon art une identité visuelle unique. Mais si je devais choisir, je dirais que j’ai toujours apprécié l’architecture arabe ancienne. La musique fait aussi partie de mes inspirations. La musique classique et le rétrofuturisme aident beaucoup mon art.

Photo : Mohamed Daoui – Life Capsule 1.0

The Casbah Post : Sur quel projet travaillez-vous en ce moment ? Avez-vous des mots pour les jeunes passionnés par l’art en Algérie ?

Photo : Mohamed Daoui – Formes abstraites

Mohamed Daoui : Je travaille en ce moment sur un projet que je n’ai pas encore fini sur les idées abstraites.

Il s’agit d’utiliser différentes formes, textures et objets pour illustrer des lettres de l’alphabet tout en donnant à chacune d’elles sa propre identité.

J’espère sincèrement inspirer les artistes en devenir en Algérie et les motiver à poursuivre leur passion et leurs rêves. Il faut toujours persévérer !

 

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