Image : combat de matrag par Bachirr

Bien que le football soit le sport le plus populaire en Algérie, il y a dans le pays d’anciens sports de combat qui demeurent pratiqués. Parmi ces derniers, on compte notamment el Matrag et la Maabza.

El Matrag (signifiant « le bâton » en darija), est un sport traditionnel de combat surtout pratiqué dans la région de l’Oranie. Mobilisant des longs bâtons ou cannes en bois d’olivier sauvage, il voit deux joueurs s’affronter avec pour objectif de marquer des points en touchant différentes parties du corps et en esquivant les coups.

La pratique de ce sport remonterait aux anciens exercices d’entrainement au combat. En effet, el Matrag est à rapprocher des techniques d’apprentissages telles que détaillées dans le livre mamelouk populaire du XIVème siècle Nihāyat al-su’l wa-al-umnīyah fī ta‘allum a‘māl al-furūsīyah dédié aux arts équestres et militaires.

L’entraînement avec un bâton en bois était alors une manière de pratiquer le maniement du sabre. El Matrag est aujourd’hui pratiqué par plusieurs clubs en Algérie et fait l’objet de nombreuses initiatives de valorisation par la Fédération algérienne des jeux et sports traditionnels. Cette dernière œuvre sur la production d’un guide visant à l’uniformisation des mouvements du sport de combat ancien.

La Maabza quant à elle est une forme de lutte traditionnelle touareg. Souvent pratiquée durant les cérémonies et festivals, elle est proche des luttes traditionnelles sénégalaises et gambiennes. A l’instar des rituels cathartiques de la Sebeïba simulant des batailles afin de sceller le pacte de paix observé par les populations touareg, la maabza puise dans l’histoire militaire touareg.

Image : Akli S. – Sebeiba à Djanet

Tout comme la fantasia est un art équestre qui puise ses sources dans les anciennes charges de cavalerie du Maghreb, el Matrag et la Maabza sont tout deux des sports de combats dont les origines se rapportent à l’histoire de la région.

L’Algérie a dans son histoire compté d’autres sports de combat aujourd’hui en voie de disparition comme le Tiqqar (« ruade » en tamazight) kabyle, où le combat se pratique uniquement avec les pieds. Une revalorisation de ces sports pourrait alors non seulement informer les plus jeunes générations sur le patrimoine culturel du pays, mais aussi présenter l’opportunité du développement de la pratique de sports originaires de la région.

Image : La tribu des Ath Mellikech lors d’une partie de Tiqqar, magazine L’illustration, 1857, numéro 769.