Le festival itinérant Raconte-Arts revient du 19 au 26 juillet pour une 15ème édition. Il pose cette année ses valises dans le village de Tiferdoud à Tizi Ouzou.

Au cœur du village de Tiferdoud (Aïn El Hammam) dans la Wilaya de Tizi Ouzou en Kabylie, le festival de rue itinérant et indépendant le plus populaire d’Algérie, « Raconte-Arts », se déroule pour la 15ème année consécutive.

Photo : Ath Salem – Versant Nord du Djurdjura, Tiferdoud

Du 19 au 26 juillet, le festival des contes et d’art de rue rassemble dans le village perché à plus de 1000 mètres d’altitude, plus de 400 artistes venus d’Algérie et d’ailleurs ainsi que de nombreux visiteurs, sous le thème « Le vent hurlant » (Tizi N’leryah), en hommage à Hocine Aït Ahmed, qui y a vécu pendant sa jeunesse.

« A six ans, j’ai dû émigrer chez une tante, pour me rapprocher de l’école française. C’était un des plus gros villages de haute Kabylie, Tiferdoud, planté comme un paratonnerre au sommet d’un piton constamment battu par des vents hurlants, fantasmagorique. »

Hocine Aït Ahmed dans Mémoires d’un combattant 

Photo : Kim Studio – Raconte-Arts 2018

Organisé par la Ligue des arts cinématographiques et dramatiques de Tizi Ouzou avec l’aide de l’ensemble des habitants du village, le festival a dévoilé un programme riche avec notamment des expositions, des conférences-débats, des ateliers, des projections cinématographiques, de la musique et des activités théâtrales. Le festival a également consacré une journée à la question des réfugiés avec le Rassemblement action-jeunesse et le Comité inter-mouvements auprès des évacués.

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Raconte-Arts est une initiative née en 2004, qui a la particularité de mettre en avant les villages kabyles qui accueillent le festival chaque année. Ce dernier promeut alors la « participation citoyenne effective », la cohésion sociale par l’engagement et remet à l’ordre du jour la solidarité qui existe au sein de ces communautés.

Le festival présente un modèle original en ce que les villageois collaborent de près avec les organisateurs en assurant – souvent bénévolement – le bon déroulement de l’évènement (qu’il s’agisse d’hébergement ou de restauration entre autres). Le choix du village par le festival indépendant n’est d’ailleurs pas fortuit puisque ce dernier est le plus haut de Kabylie et représente un modèle d’autogestion qui a su préserver l’identité kabyle du hameau, notamment en remportant en 2017 le premier prix du concours Aïssat Rabah du village le plus propre pour son engagement en faveur de la protection de l’environnement.

« Après la consécration reçue en 2017, il fallait maintenir cette ferveur de participation au sein de nôtre village et l’accueil de ce festival s’est imposé pour nous comme une suite logique de nos objectifs. Nous avons atteint nôtre premier objectif qui était de vivre dans un cadre agréable et propre, il fallait l’agrémenter de quelque chose qui puisse apporter de la joie de vivre et, aussi, maintenir la participation et perfectionner la solidarité créée. »

Mohamed Salem Sadali, membre du comité de village de Tiferdoud et coordinateur du comité d’organisation 

Ainsi, Raconte-Arts vise avant tout à apporter de la gaité et à redynamiser et désenclaver des territoires isolés et ce depuis sa création au lendemain de la décennie noire et du Printemps noir en Kabylie. Malgré son budget limité, le festival indépendant s’est peu à peu imposé dans le paysage culturel algérien et a enregistré en 2017 un nouveau record avec plus de 30 000 visiteurs en une semaine.

L’initiative citoyenne est aujourd’hui l’un des rendez-vous culturels les plus importants du pays et rassemble avec succès diverses disciplines sous le signe de la créativité, de la diversité culturelle et du partage.

Photo : Ouerdia Ousmer Festival Raconte-Arts / 2016. Oeuvre de L’homme jaune.

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